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Juin 2011 Tomboy ou la division sexuelle questionnée



Tomboy, signifie être un « garçon manqué » en anglais.

Laure, garçon manqué d’une dizaine d’années, va profiter à sa manière de la marge de liberté que lui laissent d’une part un emménagement familial dans une nouvelle ville et d’autre part le fait que sa mère attend le troisième enfant et reste longtemps allongée pendant cette fin de grossesse.

Elle saisit cette opportunité spatio-temporelle pour se « faire passer » pour « Michael », un « vrai garçon » auprès des jeunes de son âge. Personne ne la connaît comme fille, c’est la fin des vacances, il n’y a pas encore l’école, ses parents sont dans leur monde d’adultes et la voilà qui s’autorise à suivre son désir, faire l’expérience « d’être un garçon »comme les autres, parmi les autres. C’est tout le bonheur de ce film de procéder avec un tact, une intelligence, une précision dans ce qui fait la différence sexuelle garçon/fille. Les expériences se succèdent avec un succès sans faille pour « Michael », même auprès de la délicieuse petite sœur qui accepte malicieusement d’être sa complice et amie.

Le succès sera à l’origine du dévoilement de son identité de fille au bout d’un moment, car, dans ce film, le marquage sexuel est remarquablement mis en évidence tant chez les parents que chez les jeunes préadolescents de la bande : Pas question d’être un garçon quant on « ne l’a pas ». Pas d’ambiguïté autorisée par ces jeunes, fille ou garçon. Il est difficile alors de comprendre les méprises des critiques du « Monde » ou de « Télérama ». Louis Guichard dans Télérama par exemple écrit : «  Qu’est-ce qu’une fille ? Qu’est-ce qu’un garçon ? Il y a peu d’images du film qui ne ramènent à cette question, mais pour mieux la déconstruire » . C’est exactement le contraire en vérité : Laure n’est démasquée que par le réel de son corps tellement son image est parfaitement « garçonne ». Ces jeunes savent parfaitement qui « est un garçon » et qui « est une fille ». Il continue un peu plus loin « L’intégration facile de Michaël à la communauté enfantine suggère que l’identité sexuelle est un bricolage, un jeu, une convention ». Encore une fois, le film montre rigoureusement l’inverse, à savoir la séparation entre les deux mondes, celui des garçons et celui des filles avec aucune tolérance à hybrider les deux. Dernière exemple d’erreur : « ¬L’autorité parentale est alors moins en cause que l’ordre ¬social, inhumain. Dans sa lucidité, l’épilogue de Tomboy garde pourtant quelque chose d’exaltant. Le petit sexe en pâte à modeler rangé dans la même boîte que les dents de lait tombées une à une, Laure a encore la vie devant elle. Et mieux que la vie : l’âge des possibles, de tous les possibles.La mère réagit certes dans un premier temps avec la brutalité due à la surprise devant ce qu’avait construit sa fille mais aussi avec infiniment d’intelligence lors de la scène où elle s’agenouille devant son « garçon manqué de Laure » en lui expliquant sa réaction.

Quant à la scène de fin du film, observez là sans pathos, et vous comprendrez comment la copine de jeu, celle qui fut l’énamourée du beau « Michael », revient peu à peu de son incompréhension, de son sentiment logique d’avoir été dupée par Michael et va « la » chercher », elle, Laure, pour continuer leur amitié entre filles. Quant à ce que Laure-Michaël va garder de cette expérience forte, nul ne peut le prédire sauf à souligner sa grande difficulté à s’identifier du coté féminin à la veille de son adolescence.

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jean-marc Bouville

 

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