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Octobre 2010 : Rudo et Corsi, une comédie à l’italienne au Mexique



A première vue, une comédie drôle sur l’ascension sociale réussie puis ratée de deux demi-frères, qui venus d’un misérable village mexicain se trouvent propulsés vedettes de football dans l’immense capitale Mexico. Ils sont talentueux sur le plan footballistique national, l’un comme goal et l’autre comme buteur, repérés par un de ces nombreux recruteurs de clubs nationaux, plus ou moins véreux. Mais leur réussite ne tiendra pas très longtemps une fois le pinacle atteint.

Qu’est-ce qui dérange, passé le premier tiers du film à rire de ces deux semblants de frères, plus dans la compétition vers l’ascension sociale que dans la rivalité pure ?

Plusieurs points et d’abord que ce film est un remarquable condensé de la situation politico-sociale des pays d’Amérique Latine. A ce titre, on modifie la langue et les faits colleraient très bien à la situation d’un pays comme le Brésil par exemple. Les rapports entre urbains et « bouseux », entre le propriétaire de la compagnie de bananes et les salariés de base, entre le recruteur et l’entraineur d’équipes de football, entre la police locale et les narco trafiquants, tout cela est remarquablement résumé dans des scénettes à la fois drôles et tragiques.

Surtout, on peut y repérer comme souvent l’évolution dans les structures familiales, même au sein des petits villages sud-américains. La mère n’a pas un homme mais des hommes qui lui font un enfant à chacune de leur installation provisoire. A la fois victime très ambiguë de violences masculines et toute puissante vis-à-vis de ses enfants. Car, ces deux malheureux clowns que sont Rudo et Corsi s’épuisent à réussir socialement ...finalement pour qui sinon pour leur mère, pour qu’elle ait une grande maison, pour qu’elle jouisse encore et plus et en toute tranquillité. Des faisant tiers pour ces deux là, personne n’a pu jouer cette place, pas de père pour chacun d’eux sauf une parole pour l’un et un objet pour l’autre.

Même la religion qui permettait une promesse de vie d’adulte au prix d’une soumission à l’ordre existant, s’est transformée en un recours fétichiste simplifié pour « marquer un but » ou un cadre rituel pour grandes cérémonies. Par contre, le Maître sous la figure inquiétante du chef local des narco trafiquants lui, tient et bien. Il tient au final tout ce petit monde fonctionnant en ersatz, en modèle réduit d’Etat moderne, sauf qu’il est en place le temps que ses tueurs demeurent localement les plus adroits.

C’est ainsi qu’au fil des scènes aux intentions comiques et réussies à ce titre, le spectateur rit de moins en moins fort, tellement il devient clair que, ces deux là, malgré tous leurs talents, s’acharneront à demeurer les représentants du Phallus aux yeux de leur mère à défaut de ne pouvoir « accepter de n’être pas sans l’avoir ».

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jean-marc Bouville

 

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