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mars-avril 2009 Aladdin et la magie du sable



Dans la nouvelle de JL Borges, » el livro de arena », un livre ancien et magique est échangé par un curieux voyageur fatigué au narrateur contre une bible et la mensualité de sa retraite de bibliothécaire. Ce livre s’avère posséder une particularité étrange : il n’a ni page de début, ni page de fin. Pour autant que l’on tourne les pages, il y en a des nouvelles et quant à saisir la première, c’est impossible !

Le bibliothécaire en arrive alors à ne plus pouvoir dormir tellement l’obsède cette infinitude du livre. Un jour , alors il finit par l’abandonner dans un recoin de son ancien lieu de travail.

Le sable des plages, des dunes, du bord de mer fait souvent évoquer en nous la suite innombrables des nombres ( combien de grains de sable contenus dans une main, deux mains...). Cela peut aussi conduire à une approche plus poétique : on a tous dessiné un jour ou l’autre sur du sable humide quelques écritures, figures plus ou moins géométriques, dressé portrait ou statue éphémères avec le sentiment de précarité de l’œuvre : Un coup de main, de vaguelette, de vent marin et le chef d’œuvre disparaît.

Ce matériau si banal a ainsi servi de mesure du temps par le sablier, dans lequel grain à grain, le sable s’écoule sans que l’on puisse en modifier le rythme ou l’allure. Et puis, au Tibet comme dans l’Ouest américain chez les fameux apaches, l’homme va l’utiliser avec des coloris différents pour établir des œuvres d’art sacré en l’étalant sur un plan défini par bandes régulières, figures établies mais au gré d’une inspiration de l’artiste qui utilise sa main comme un sablier pinceau.

C’est ainsi que Laurent Besson artiste peintre fut convié à produire sur une table lumineuse au dessus de laquelle une caméra le filmait, des dessins illustrant l’histoire d’Aladin et la lampe merveilleuse. Curieuse coïncidence de l’élément sable mis dans un conte des « mille et une nuits » ! Le résultat est étonnant : le film montre la main de Laurent Besson de laquelle glisse le filet de sable coloré qui fait apparaître immédiatement la figure d’Aladin, du Génie au milieu d’un paysage de désert d’Arabie. De son propre avis, Laurent Besson a été enchanté de participer à cette expérience où l’idée de l’éphémère du sable se transforme en œuvre durable par le truchement d’une caméra. Il serait également intéressant de parler de la « prise » de ses images, jamais en accord avec ce qu’attendait la caméra, toujours dans une inscription nouvelle, à l’insu du geste et de la volonté de captation de l’artiste. Là où la répétition du signifiant était à espérer, voire à exiger pour la volonté d’éterniser de l’œil caméra, une image s’inventait, issue de l’élément non maîtrisable, accompagné (peut-être) d’un grognement de la technique... pas de répétition du même, comme les pas d’un sujet sur le sable ou sur la vie.

Cela correspond également à sa démarche d’artiste peintre : partir d’une toile vide, surface plane et blanche puis tracer quelques grandes directions et après, s’en aller à l’inspiré dans une grande promenade, à la découverte d’un cheminement : Faire le paysage abstrait en élaborant un parcours mental et poétique sur la toile même et décider à un moment d’arrêter de la charger. Sentir que la randonnée picturale est alors finie !

En cliquant sur les icônes, la référence au site de Laurent Besson pour apprécier la diversité de son talent ainsi que quelques dessins tirés du film d’ « Aladdin »

http// :www.laurentbesson.fr/accueil.php

.: aladdin et les images de sable :.

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jean-marc Bouville

 

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