Antigone
Lançamento do livro "Psicologia : Campo de Atuação, Teoria e Pràtica "  
Accueil >>  I - Présentation de l’association >>  Le billet de l’association



Juillet-Août 2008 : A propos des liens du sang, " le jugement de Salomon"



Rappelons ce que nous apprend la bible : Salomon, nouveau roi des hébreux reçoit en songe un message de l’Eternel : « Demande ce que tu veux que je te donne » I Rois 3. Verset 4. (Traduction Bible de Segond). Et Salomon après un long discours pendant son sommeil, répond : « Accorde donc à ton serviteur un cœur intelligent pour juger ton peuple, pour discerner le bien du mal ! Car qui pourra juger ton peuple, ce peuple si nombreux ? » I Rois, 3. Verset 9. Peu de temps après, se présentent devant lui deux prostituées. La première raconte les faits suivants : Elles vivent ensemble, seules dans une maison, ont accouché chacune à peu d’intervalle d’un fils. Or, toujours d’après son récit, l’enfant de l’autre femme est mort car « elle s’était couchée sur lui » I Rois 3. Verset 20. Puis, elle aurait interverti les deux enfants afin de conserver pour elle l’enfant vivant. Et les voila demandant justice à Salomon, chacune accusant l’autre d’être la mère de l’enfant mort et réclamant pour elle l’enfant vivant. En l’absence de test ADN valable, comment opérer une décision juste ?

On connaît le verdict de Salomon : « Coupez en deux l’enfant qui vit, et donnez-en la moitié à l’une et la moitié à l’autre » I Rois 3. Verset 23. Jugement pour le moins barbare s’il en est mais qui pourtant va faire acte. Car, la vraie mère sera celle qui accepte de ne plus l’être pour qu’au moins son enfant vive : « Ah mon seigneur, donnez-lui l’enfant qui vit et ne le faites point mourir ». I Rois 3 Verset 24.

En quoi cette « affaire » judiciaire vieille de trente siècles nous interroge encore aujourd’hui ?

Des enfants en danger ou en risque en France du fait de carences éducatives, physiques, psychiques ou victimes de mauvais traitements parentaux, l’ONED en recense bon an, mal an, quelques 90 000 cas nouveaux. Bien sûr, les situations sont plus ou moins graves et l’éloignement de l’enfant d’avec sa famille « naturelle » ne doit être préconisé puis décidé qu’à bon escient. Mais, la loi française déclare aussi « que tout doit être mis en œuvre pour que le lien avec la famille naturelle soit maintenu dans l’intérêt de l’enfant » . Dès lors, nombreuses sont les situations où les parents naturels qui se sont vus retirés l’autorité parentale soit temporairement, soit partiellement, soit définitivement, continuent à réclamer la prééminence du « droit du sang », leur droit de propriété sur l’enfant après des mesures d’éloignement : « Après tout, je suis sa mère, son père ! ». Or, le juge pour enfants, devant la loi actuelle et la demande en souffrance des parents naturels, hésite souvent et longuement devant une décision de séparation de l’enfant pourtant nécessaire.

Salomon, d’un acte clair et tranchant, assuré de la justesse de sa décision, avait pourtant permis de définir la position parentale pour un enfant jalousé par deux mères : Celui-ci n’est en aucun cas la propriété d’un parent. Le parent est celui qui est prêt à accepter de se séparer de son enfant à titre définitif pour son devenir. Car cette mère prostituée n’abandonne pas son enfant. Elle accomplit ce geste pour qu’il puisse être dans la vie. Elle projette, se faisant, son désir à elle, lui signifiant à ce fils chéri : « Par ce geste, tu ne m’appartiens pas. Je te laisse à une autre femme qui t’élèvera. Mais, je demeurerai ta mère symbolique car je te voues à la vie ». En effet, paradoxalement, en acceptant de se séparer de son enfant, cette mère va l’inscrire comme enfant de son désir et lui permettre ensuite d’être sujet de son désir à lui, plus tard.

Deux tableaux magnifiques de N. Poussin et de Raphaël sont à admirer en cliquant sur les liens ci-après.

.: Jugement de Salomon . Raphaël :.
.: Jugement de Salomon. Poussin :.

Répondre à cet article

 

DANS LA MEME RUBRIQUE

 
 

jean-marc Bouville

 

Admin   Plan du site Liens Contact